Les milices de jeunes de Robert Mugabe, suspendues en 2007, seraient-elles liées aux mauvaises conditions sanitaires du Zimbabwe ?
Pourquoi certains pays ont opté pour la démocratie quand d'autres populations subissent depuis des décennies l'oppression de régimes autoritaires ? Cette question, longtemps réservée à la sphère des politistes, apparaît sous un jour nouveau en étant abordée par des chercheurs d'autres disciplines. Suivant les traces de Jared Diamond qui, dans son essai intitulé De l'inégalité parmi les sociétés, pointait l'importance de l'environnement sur le devenir des civilisations humaines, des biologistes de l'université du Nouveau-Mexique (États-Unis) ont suggéré que des considérations écologiques pourraient entrer en ligne de compte dans le choix du régime politique d'un pays. Ils ont ainsi formulé en 2007 une curieuse hypothèse : la démocratie s'épanouirait mieux loin des maladies infectieuses ! Cette hypothèse dite du "stress parasitaire", lequel favoriserait l'autoritarisme, semble aujourd'hui confirmée par les travaux d'une équipe de l'université de la Colombie-Britannique (Canada), versant cette fois-ci dans la psychologie sociale.
Bactéries, virus et autres vers parasites ont-ils une influence sur la nature du régime politique qui se met en place dans un état ? Pour le savoir, Damian Murray et ses collègues ont comparé le destin politique de 31 pays, de l'Australie au Zimbabwe en passant par la Grèce. Pour chaque pays, les mœurs politiques ont été évaluées à partir de plusieurs indicateurs émanant notamment d'organisations américaines comme la Freedom House et la Fondation Heritage. L'originalité de cette étude est de s'être intéressée aux comportements individuels en estimant l'autoritarisme des citoyens via l'échelle du fascisme proposée par Theodor Adorno en 1950.

