Le "robiot" possède un moteur biologique : un feuillet de cellules cardiaques qui, en se contractant, déforme les "jambes" et les met en mouvement.
Comment mettre en branle un objet inerte et recréer ainsi cette faculté naturelle des êtres vivants à se mouvoir ? Cette interrogation a mobilisé de nombreuses générations de chercheurs et d'ingénieurs, de Héron d'Alexandrie et son éolipyle au Ier siècle jusqu'au Belge Étienne Lenoir, père du moteur à explosion en 1860 en passant par Denis Papin, qui a inventé la machine à vapeur à la fin du XVIIIe. Aujourd'hui, l'équipe de "bio-ingénieurs" de Rashid Bashir, à l'université de l'Illinois à Champaign-Urbana (États-Unis), poursuit cette tradition, mais cette fois-ci sans essence ni vapeur. Ils ont donné naissance à une "machine biologique", baptisée "robiot" : ce marcheur, long de quelques millimètres, est propulsé par des cellules cardiaques vivantes et remuantes.
Ce "robiot" tire son énergie d'un feuillet de cellules musculaires cardiaques, les cardiomyocytes, capables de se contracter spontanément (observez l'étonnant mouvement de ces cellules dans une boîte de Petri ici). Comment mobiliser cette source d'énergie autonome, qui engendre un mouvement contractile, pour déplacer une machine ? Les chercheurs américains ont placé les cellules musculaires cardiaques sur une couche de polymère flexible, posée sur une base plus rigide. En faisant varier l'épaisseur de la couche de polymère, il est possible de modifier sa courbure pour que l'un des côtés (sa "jambe") s'approche de la surface sur laquelle le robiot est posé.

