La science infuse

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1 mars 2019

Les enfants (danois) sont de vrais nids à microbes

Prenez garde, cet enfant est une véritable bombe à retardement !

Aujourd'hui, nous plongeons dans l'univers fabuleux de... la gastro-entérite, cette charmante infection causant nausées, vomissements et diarrhées. Une étude publiée dans le Lancet en 2013 indiquait le nombre astronomique de 1,7 milliard d'épisodes de diarrhées dans le monde en 2010 (dont 36 millions qualifiés de sévères)... chez les seuls enfants de moins de 5 ans ! Entraînant dans certains cas une forte déshydratation, les diarrhées sont ainsi à l'origine de la mort de 700 000 enfants chaque année. L'Organisation mondiale de la santé s'est fixée comme objectif de mettre fin aux décès évitables d'enfants par diarrhée d'ici 2025.

Qu'en est-il en France ? Pour le savoir, il faut se référer au réseau Sentinelles, qui suit depuis 1990 les épisodes de diarrhées aiguës (définies par au moins trois selles molles par jour) partout en France grâce à un réseau de 1300 généralistes et de 120 pédiatres libéraux. Cette surveillance permet de remonter chaque semaine une estimation du nombre de cas rapporté à la population. On observe ainsi une forte saisonnalité de la gastro, avec un pic hivernal dont l'ampleur a fortement diminué depuis 2009, sans explication claire à ce stade. Une étude publiée en 2012 à partir d'une enquête menée en 2009-2010 (au début de la décrue) a établi que chaque année la gastro-entérite touchait en moyenne un Français sur trois, et même trois-quarts des enfants de moins de 5 ans ! Et quand on sait que les parents inquiets ont consulté un médecin dans 40 % des cas, on constate que la gastro-entérite est bien un problème de santé publique, même en France. Et les enfants sont en première ligne.

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18 janvier 2014

Des mouches pour dépister le cancer

Le système olfactif de la drosophile, particulièrement sensible, pourrait être exploité à des fins médicales.

Afin de détecter la présence de cellules cancéreuses, une équipe italo-allemande propose de se passer des services des anatomo-pathologistes, ces médecins spécialistes de l'analyse des tissus, et de les remplacer par des... mouches ! Pour cela, les chercheurs ont comparé les réponses du système olfactif de l'insecte aux odeurs produites par des cellules saines et malades grâce à une méthode originale, l'imagerie calcique.

Le cancer naît d'un dérèglement des cellules suite à l'accumulation de mutations génétiques : les cellules cancéreuses présentent ainsi un métabolisme différent des cellules saines. Cela se traduit notamment par la synthèse de certaines protéines en quantité anormale, lesquelles fournissent autant de biomarqueurs utiles pour diagnostiquer la maladie ou mesurer son évolution face aux traitements. Certains de ces biomarqueurs peuvent être détectés dans le sang, l'urine ou encore dans l'air expiré. Une récente étude italienne proposait ainsi d'analyser le souffle de patients pour y rechercher une série de composés organiques volatils (COV) : ils sont ainsi parvenus à déterminer la signature moléculaire du cancer colorectal, permettant de dresser grâce à un simple test respiratoire un diagnostic fiable. Cette analyse des COV est habituellement effectuée par chromatographie et spectrométrie de masse. Toutefois, certains chercheurs se sont tournés vers d'autres analyseurs d'odeurs : les animaux. Les chiens, déjà utilisés pour repérer explosifs ou stupéfiants, peuvent également être dressés pour dépister les tumeurs. En 1989, dans la très sérieuse revue médicale The Lancet, deux dermatologues du King's College Hospital de Londres (Royaume-Uni) rapportèrent ainsi le cas d'une patiente, alertée par l'attention soutenue de son chien pour un grain de beauté situé sur sa jambe : cette lésion qui intriguait son fidèle compagnon était un mélanome, un cancer de la peau agressif ! Depuis, les médecins ont montré que les chiens étaient notamment capables de dépister les cancers de la vessie, de la prostate, ou encore de l'ovaire.

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