Différentes stratégies pour s'adapter au soleil brûlant du Mexique

La peau des baleines bleues s'adapte au changement de saison, et à l'exposition aux UV associée, en produisant plus de mélanine : les cétacés bronzent.

Première constatation : les dommages causés à l'ADN mitochondrial sont d'autant plus importants que la peau des cétacés contient peu de mélanocytes et peu de mélanine (le pigment, produit par ces mélanocytes, responsable de la couleur foncée de la peau). Ainsi, pour les chercheurs, "la mélanisation protège les animaux tels que les baleines contre l'exposition aux rayons UV, à une échelle moléculaire et cellulaire". Enfin, l'ADN des cétacés les plus âgés contient plus de lésions, attestant d'une accumulation des dégâts causés par les UV au cours du temps.

Au-delà l'impact des UV sur l'ADN mitochondrial, les zoologistes se sont penchés sur les mécanismes cellulaires activés par les cétacés en réaction à cette exposition. Ils ont alors mis en évidence des stratégies différentes entre les trois espèces observées. Ainsi, chez la baleine bleue, l'ensoleillement croissant entre février et mai est associé à une prolifération accrue des mélanocytes et à une augmentation de la production de mélanine. Cette pigmentation saisonnière des baleines bleues se traduit bien par une protection plus efficace de l'ADN mitochondrial face aux UV mutagènes. En d'autres termes, exposées aux rayons du soleil, les baleines bleues "bronzent" ! Cette teinte estivale n'est en effet pas l'apanage des humains, et a déjà été observée chez les requins-marteaux ou même chez le zooplancton. Les rorquals, naturellement plus foncés, ne bronzent pas ; pour les zoologistes, leur peau sombre les protège déjà de façon efficace contre le soleil, comme en atteste le faible nombre de lésions cutanées observées chez cette espèce.

Quant au grand cachalot, les chercheurs ont mesuré une expression plus forte de deux gènes par rapport aux baleines et aux rorquals, avec un pic en mars-avril, au moment où l'exposition aux UV est la plus forte. L'un de ces gènes code une protéine de stress qui protège les composants de la cellule contre les agressions externes, et l'autre est suspecté d'être impliqué dans les mécanismes de réparation de l'ADN. Pourquoi ce métabolisme différent du grand cachalot ? Car ce dernier passe plus de temps à la surface que la plupart des espèces de cétacés : plus exposé aux rayonnements UV, il aurait développé des mécanismes de protection spécifiques pour se protéger du soleil, s'adaptant ainsi aux contraintes d'un comportement potentiellement nuisible à sa peau.

Source : L.M. Martinez-Levasseur, Whales Use Distinct Strategies to Counteract Solar Ultraviolet Radiation, Scientific Reports, 30 août 2013.

Crédit photo : NOAA Photo Library - Wikimedia Commons (CC BY 2.0).


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