Un homme (et du maïs) en boîte

Joseph Priestley (1733-1804) a conduit la même expérience avec une souris et montré le rôle crucial joué par le dioxygène produit par la photosynthèse.

Dans une réplique miniature du projet Biosphère 2 lancé au début des années 1990, les chercheurs ont installé sur une surface réduite (12 m², pour 2,5 mètres de hauteur) quelques 274 plantes de 18 espèces différentes, allant du maïs à la laitue en passant par le bananier et Miscanthus géant, une plante herbacée de plusieurs mètres de haut. Les 10 967 feuilles dénombrées représentent une surface totale de plus de 110 m², assurant seule l'oxygénation de la boîte, hermétiquement close, éclairée en permanence. La température oscillait autour de 26°C et le taux d'humidité autour de 70 %.

L'atmosphère, hypoxique au début de l'expérience (12,4 % de dioxygène), correspond à la situation vécue à 4 500 mètres d'altitude. Elle s'est progressivement enrichie en O2 pour atteindre une concentration de 18,1 % après 48 heures, se rapprochant de sa composition normale (20,9 %) grâce à l'apport de la végétation. Le cobaye a survécu sans encombre aux deux jours d'expérience, son rythme cardiaque étant mesuré en continu. Les plantes ont pu seules assurer la production d'oxygène nécessaire au métabolisme humain.

Au-delà de la répétition-spectacle de l'antique expérience de Priestley, les scientifiques modernes ont voulu envoyer un message aux générations de l'abondance : "Cette simple expérience est un humble rappel de la relation intrinsèque entre l'animal et le végétal sur Terre [et] nous rappelle notre dépendance totale à la végétation et à l'écosystème au sein duquel celle-ci se développe." Une symbiose qu'il convient de protéger au bénéfice de tous.

Source : D. Martin et al., A paradigm of fragile Earth in Priestley's bell jar, Extreme Physiology & Medicine, 4 septembre 2012.

Crédit photo : William Artaud - Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0).


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