Le spectrogramme, carte d'identité du son, peut être reconstruit à partir des informations récoltées au niveau du cerveau.

Le chant des neurones

Selon les auteurs, ces deux modèles correspondraient à deux sous-populations de neurones, identifiées dans le cortex auditif primaire de primates non humains, lesquelles prendraient chacune en charge des fluctuations plus ou moins rapides du stimulus sonore, utilisant pour cela des stratégies différentes de codage de l'information auditive. Le son reconstruit par le modèle non linéaire, s'il est plus précis et peut être reconnu, reste néanmoins assez éloigné du son initial ; les physiciens pensent pouvoir améliorer la sensibilité du système en perfectionnant la qualité de l'enregistrement des ondes cérébrales.

Peut-être pourra-t-on alors atteindre la précision atteinte par d'autres neuroscientifiques de l'université de Berkeley dans la reconnaissance d'images vues en analysant l'activité du système visuel primaire dans une étude publiée en 2009 (d'autres exemples sont détaillés ici). Brian Pasley, l'un des auteurs de l'étude, se prend à rêver : "Il semble que la perception et l'imagination sont des phénomènes assez similaires au niveau du cerveau. Si nous pouvons comprendre la relation entre l'enregistrement cérébral et le son, nous pourrions synthétiser les sons qu'une personne imagine, ou plus simplement les transcrire à l'écrit par une interface." Ainsi, nous pourrions traduire en sons nos pensées intimes, qui restent du domaine du dialogue intérieur, et réaliser le rêve de tous les télépathes...

Article publié pour la revue Audiology infos.

Source : B. Pasley et al., Reconstructing Speech from Human Auditory Cortex, PLoS Biology, 31 janvier 2012.

Crédit photo : elkit (CC BY-NC-SA 2.0).


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