"L'attente est plus dure à supporter que le feu" (proverbe arabe)

Les aires cérébrales associées à la douleur viscérale s'activent en anticipation d'une épreuve mathématiques chez certaines personnes.

L'activité cérébrale était mesurée pendant toute l'expérience, que ce soit pendant les tâches cognitives ou les phases d'attente, dites d'anticipation (le cobaye sachant quelle tâche l'attend grâce au signal lumineux). Les deux psychologues américains avaient en effet montré dans une précédente étude datant de 2011 que cette phase d'anticipation est cruciale, l'activité cérébrale des personnes souffrant d'AM pendant cette période étant liée aux performances mathématiques à suivre. Ainsi, l'IRMf donnait "une preuve neuronale que la relation négative typiquement observée entre l'anxiété liée aux mathématiques et les compétences apparaît même avant que la performance d'un exercice commence", via la mobilisation préalable des régions fronto-pariétales inférieures, associées au contrôle cognitif, qui modulent la réaction face à l'objet de l'anxiété, le problème mathématique.

Cette fois-ci, ils ont observé que quatre aires cérébrales, dont les insula dorsales postérieures (INSp) et le cortex cingulaire moyen (MCC), s'activent pendant cette phase d'anticipation chez les personnes souffrant d'AM. L'activité accrue de ces régions corticales, liées à la douleur viscérale, n'est pas liée à une anxiété globale plus forte, ou à de piètres performances en mathématiques ; elle semble due au seul fait d'anticiper un effort de calcul. Plus curieux encore : cette activation des aires corticales, sièges de la douleur, n'apparaît pas au moment du test, mais uniquement pendant les secondes qui précèdent les opérations mathématiques à effectuer. "En somme, une forte anxiété liée aux mathématiques présage d'une activité liée à la douleur accrue pendant l'anticipation d'un exercice mathématique, mais pas pendant l'exercice mathématique lui-même", concluent les auteurs de l'étude. Seule l'attente fait souffrir, mais pas la résolution d'une équation ! Alors, si vous êtes paralysés à l'idée de noircir des feuilles d'équations, changez-vous les idées avant de foncer tête baissée dans le monde merveilleux des mathématiques.

Source : I.M. Lyons et S.L. Beilock, When Math Hurts: Math Anxiety Predicts Pain Network Activation in Anticipation of Doing Math, PLoS ONE, 31 octobre 2012 ; I.M. Lyons et S.L. Beilock, Mathematics Anxiety: Separating the Math from the Anxiety, Cerebral Cortex, 20 octobre 2011.

Crédit photo : Mike Hiatt - Flickr (CC BY-NC-SA 2.0).


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