Le charme féminin, une bactérie infectieuse ?

Les hommes donnent plus d'argent aux femmes qu'ils jugent attirantes, mais cet effet est annulé par la prise de la minocycline.

À côté de ce jeu, les participants ont en effet évalué la beauté des femmes, sur une échelle de 0 à 10. Il apparaît ainsi que les hommes font plus confiance aux femmes jugées séduisantes, leur octroyant (en pure perte) plus des deux-tiers de leur cagnotte, contre moins de la moitié pour les autres, moins attirantes. C'est là qu'intervient la minocycline, un antibiotique habituellement prescrit pour lutter contre certaines infections bactériennes. Une partie des étudiants a, préalablement au jeu, suivi un court traitement à base de cet antibiotique. Et, comme s'y attendaient les chercheurs, ceux-ci ont perdu toute sympathie pour les jolies filles.

La minocycline est en effet connue pour améliorer certains symptômes psychiatriques comme la dépression ou la schizophrénie. Elle affecte également les décisions économiques et sociales, et en l'occurrence diminue ce que les psychologues appellent le honeytrap (le "piège à miel" en bon français), effaçant la présomption de moralité accordée aux jolies femmes. Cette preuve psychopharmacologique de l'action de la minocycline serait liée à une inactivation de la microglie, une partie du système nerveux central impliquée principalement dans la réponse immunitaire, mais aussi dans les comportements anxieux d'après des expériences menées en 2009 sur des souris. En mettant en sourdine la microglie, l'antibiotique pourrait rendre plus raisonnable les mâles et protéger au mieux leurs intérêts face aux tentatrices.

Source : M. Watabe et al., Minocycline, a microglial inhibitor, reduces ‘honey trap’ risk in human economic exchange, Scientific Reports, 18 avril 2013.

Crédit photo : Eugen de Blaas - Wikimedia Commons.


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