Équipée de ses deux ailes, le robot est également plus stable dans le cas où ses pattes sont mal réglées en longueur. Lorsqu'il ne peut compter que sur ses six pattes bancales, le robot est en effet très instable, et peut facilement se retourner, finissant sur le dos. La présence des ailes assure une plus grande stabilité aérodynamique de l'ensemble, le rendant moins sensible aux perturbations liées aux pattes défectueuses. Enfin, lâché en chute libre, le robot ailé peut retomber sur ses pattes, et continuer à avancer une fois revenu sur la terre ferme.

La configuration ailée est la plus performante pour assurer la locomotion du robot.

Le robot-cafard, cousin de l'Archaeopteryx ?

Que nous apprend ce petit robot sur l'évolution des premières espèces ailées ? Dans une étude publiée en 1999, deux paléontologues américains se sont penchés sur l'Archaeopteryx, le plus ancien fossile ailé connu. Si pour certains, les premiers animaux volants se sont élancés du haut des arbres, d'autres paléontologues soutiennent l'hypothèse d'un envol d'animaux sprinteurs. Partisans de cette dernière théorie, les chercheurs américains ont évalué la force supplémentaire que l'oiseau aurait fallu fournir pour s'envoler en bout de course. Pour ce faire, l'Archaeopteryx se serait appuyé, comme le robot-cafard, sur le turbo produit par le battement des ailes, cette accélération lui faisant atteindre la vitesse suffisante. Cependant, d'après leurs calculs, il faudrait que le battement des ailes aboutisse à une vitesse quatre fois supérieure à la simple course pour soulever l'oiseau. Une accélération plus importante que celle mesurée pour le robot-cafard, limitée à 1,88.

D'un point de vue évolutif, le battement des ailes a-t-il suffi à l'apparition du vol ? L'écart entre l'accélération du robot et les estimations faites sur l'Archaeopteryx est peut-être lié aux différences morphologiques entre le fossile et son alter-ego moderne et mécanique. Des études sont en cours sur un robot ailé bipède, BOLT (BipedalOrnithopter for Locomotion Transitioning), mis au point par la même équipe de roboticiens, afin de retracer le chemin de l'évolution en sens inverse et poursuivre cette quête qui, de l'Archaeopteryx en passant par Icare et la mission Appolo, nous a fait quitter le sol pour la douceur des airs.

Source : K. Peterson et al., A wing-assisted running robot and implications for avian flight evolution, Bioinspiration & Biomimetics, 17 octobre 2011 ; P. Burgers et L. Chiappe, The wing of Archaeopteryx as a primary thrust generator, Nature, 6 mai 1999.

Crédits photo : Kevin Peterson, UC Berkeley Biomimetic Millisystems Lab.


Facebook Twitter LinkedIn Scoop.it Courriel More...